Un corps en bonne santé...

 

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Première voie: un corps en bonne santé!

Dans la tradition chinoise, on ne paye pas le médecin qui soigne. S’il nous soigne, c’est qu’il n’a pas fait correctement son travail ! Un médecin, en Chine, doit avant tout maintenir en bonne santé et préserver son patient des maladies. Il s’agit d’un travail de prévention. Pour ce faire, il dispose de toute une palette d’instruments, regroupés sous le terme de Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) : la gymnastique énergétique de type Taï Chi Chuan, les massages de type Tuina, l’Acupuncture, la diététique et enfin la pharmacopée. Selon les Chinois, le corps humain est à l’image de la Terre, parcourue de rivières souterraines, les méridiens : « Si ces rivières ne sont pas obstruées, l’écoulement de l’énergie se fait naturellement » disent les Taoïstes. Cette énergie vitale est appelée Qi (ou Chi ou Ki).

Les assureurs suisses ne s’y sont pas trompés : pour quelques dizaines d’euros par mois, il est possible de souscrire à une assurance complémentaire donnant droit à toute une palette de thérapies naturelles : naturopathie, massages thérapeutiques, sophrologie et même Reiki ou Feng Shui! Ces thérapies sont accessibles sans ordonnance et sans franchises et peuvent cumuler jusqu’à 4000 euros par an ! Pourquoi tant de générosité ? Peut-être parce qu’il a été prouvé que les personnes en bonne santé tombaient moins souvent malades et consommaient moins de médicaments… Les assureurs s’y retrouvent ainsi financièrement. Dernièrement, une initiative populaire vise même à autoriser le remboursement de ces pratiques par l’assurance de base (l’équivalent de la Sécurité Sociale française). La révolution des thérapies alternatives est bel et bien en marche…


Les réactions à la maladie…

Il serait en effet grand temps de changer de point de vue. Nous avons le choix. La maladie peut être considérée, soit comme une « Altération dans la santé… Etat de ce qui est gâté », soit comme une communication naturelle de mon organisme, une réaction naturelle à un déséquilibre. Nous pouvons à la moindre affection, soit nous précipiter chez le médecin et la trousse à pharmacie, soit ralentir un peu et faire confiance à la nature. Nous avons le choix entre hurler « Ô mon Dieu que je suis malade ! » ou bien alors remercier notre organisme pour l’action qu’il est en train de mener.  « Nous ne sommes pas là pour guérir de nos maladies, mais nos maladies sont là pour nous guérir » disait déjà Carl Gustav Jung.

La fièvre ou la diarrhée m’avertissent d’un problème et me demandent d’aider mon organisme. Ces deux messages ne sont pas la maladie mais des symptômes d’un organisme en lutte contre une attaque de l’extérieur. Stopper la fièvre ou la diarrhée est ainsi une solution de confort à court terme. Pourquoi vouloir faire taire le messager qui vous apporte un télégramme de danger ? Tuer le messager changera-t-il la mauvaise nouvelle ? Il y a trois réactions possibles face à ce type de manifestation. Je peux ignorer le message et continuer comme si de rien n’était, m’apitoyer sur mon état et maugréer contre ce corps si fragile ou bien analyser l’information sereinement et prendre les mesures nécessaires.

La deuxième réaction est évidemment la plus nocive : je me place en position de victime et envoie à mon esprit des messages négatifs qui retarderont d’autant la guérison. La première réaction peut me permettre de passer le cap si le problème est bénin (« 99% de mes organes fonctionnent correctement, alors en avant ! ») mais peut se révéler dangereuse sur le long terme. A trop tirer sur le corps, il peut se briser, à l’exemple de ces hyperactifs qui, tout d’un coup, craquent et sombrent dans la dépression... ce qui les oblige – enfin ! – à se reposer. Les anglo-saxons parlent à cet égard de burn-out : se consumer de l’intérieur… Tout corps possède une certaine résistance au stress et à la maladie mais mieux vaut ne pas tester ses limites…

La troisième réaction est donc la plus raisonnable : je prends note du problème mais je n’y sombre pas, j’écoute mon corps mais je ne l’insulte pas. Agir au lieu de réagir… Cette troisième voie me permet aussi de me réconcilier avec ma nature : il est normal, de temps en temps, de se sentir moins bien voire de développer une pathologie. Mon corps réagit de manière naturelle à son environnement et la nature véhicule parfois des éléments négatifs. Il m’est impossible de tout contrôler ! Je peux tout au plus entretenir correctement mes défenses naturelles en prenant soin de mon organisme…


Un choix de l’organisme…

Le stress serait la maladie du siècle. Plus exactement, comme nous l’avons vu, le stress est la plus grande cause actuelle de maladies: le trouble psychologique entraîne un trouble physiologique. Il s’agit là d’un choix de notre cerveau pour nous mettre en garde contre un mode de vie et de pensées inadapté : « Si vous ne supportez pas votre patron et que vous n’ayez pas de solution pratique à portée de main telle que fuir, combattre ou vous détacher émotionnellement, votre cerveau vous aidera à détruire cette situation en envoyant de l’acide dans le duodénum, au risque de provoquer des ulcères » précise Guy Corneau dans La Guérison du coeur.

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Les conséquences du stress peuvent prendre des formes variées : maux de tête, d’estomac, mal de dos, ulcères, allergies,… S’il convient alors de soigner les symptômes, le gros du travail devra évidemment se faire en aval, au niveau du cerveau et des causes du stress : changer de patron, changer la conception que l’on se fait de son patron ou se changer les idées… Comme le dit Liliane Reuter, spécialiste de la médecine corps-esprit, « pour guérir son corps, il faut guérir sa vie ».

Cette conception de la maladie peut sembler exagérée : « Qu’en est-il des maladies graves ? » Mais pourquoi en serait-il autrement ? Les pathologies liées au cancer, au sida ou au paludisme ne sont que des réactions plus poussées à une attaque plus sérieuse. L’organisme adapte sa réponse en fonction du danger. Dans les cas extrêmes, il peut en mourir, mais il ne le fera jamais sans avoir lutté. La mort de l’organisme provoquera d’ailleurs à terme la mort du virus... Notre aide psychologique est, dans ces cas difficiles, d’autant plus indispensable : il convient de s’allier à son organisme pour combattre l’envahisseur ! De nombreuses personnes, condamnées par la médecine, sont toujours en vie pour témoigner de ne pas perdre espoir…

Tomber malade fait parti de la vie mais faire une maladie relève du masochisme. Si l’objectif est de guérir, autant faire preuve de pragmatisme et favoriser la guérison. Et si l’on ne peut pas guérir (ce qui reste à démontrer) ou, plutôt, si l’on n’est pas encore guéri, autant alors faire preuve de réalisme et accepter sa vie de malade. Toute expérience est d’autant plus bonne à prendre et à accepter que nous n’avons généralement pas le choix.


Une cohérence de vie…

Quand la maladie survient, il est trop tard pour être en bonne santé. Mieux vaut donc décider d’être en bonne santé maintenant. Cela passe par un certain nombre de règles de vie et de modifications de comportement mais, avant cela, cela suppose peut-être aussi un reclassement de nos valeurs. A quelle place la santé se situe-t-elle dans notre hiérarchie ?

Même chez les personnes bien portantes, la santé devrait figurer en tête de liste. Qu’importe la réussite ou le pouvoir si je suis malade ! L’aventure ou le confort sont-ils possibles cloué au lit ? Seuls l’amour, la liberté et le bonheur semblent davantage ou tout aussi importants : il est heureusement possible d’être heureux et d’aimer tout en étant malade.

Il est d’ailleurs intéressant de constater que la maladie génère parfois ce type de sentiments : des personnes atteintes d’une maladie incurable décident de changer de vie et de vivre plus intensément et plus spirituellement. La maladie aide alors à un reclassement de ses valeurs et ainsi, parfois et paradoxalement, à mieux vivre…

C’est une des raisons pour laquelle il ne faudrait pas faire de fixation sur la santé : prendre conscience de son importance ou de la chance que l’on a d’être en bonne santé est certainement positif mais la vénérer ou la sacraliser sera forcément préjudiciable à la longue. Car personne n’est immortel. Dormir dans un caisson à oxygène ou ne pas oser sortir de chez soi à cause des vilains microbes est la meilleure stratégie pour tomber malade, par la crainte même que l’on a de la maladie. Les fondamentalistes de la santé sont ainsi intrinsèquement des malades en puissance.

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Bref, une vie aseptisée sera une vie stérile et il vaudrait mieux considérer la santé en biais et de manière indirecte : c’est dans la vie active qu’il convient de prendre soin de soi et non dans un cabinet médical ! C’est grâce à une alimentation équilibrée que l’on préservera sa vitalité et non pas à coups de suppléments de vitamines. C’est en évitant les abus que l’on se prémunira des pathologies et non en s’interdisant tous les plaisirs. A quoi bon une vie saine si elle est triste ? Soyons aussi positifs et réalistes: le style de vie visera à la vitalité et au bien-être plutôt qu’à l’absence de maladies.

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Autant que possible, nous essayerons aussi de créer une cohérence entre nos valeurs et notre vie. Il serait ainsi illogique de prêter attention aux vitamines ou minéraux de notre alimentation tout en continuant à fumer ou à boire sans retenu. Car le tabac et l’alcool détruisent ou limitent l’assimilation de bon nombre de vitamines et nutriments indispensables : vitamine B, C, E, calcium, fer, iode, magnésium, zinc,…

A quoi bon aussi faire du sport de manière intensive entre deux cigarettes ? A se donner bonne conscience ou bien à augmenter les risques d’un accident cardio-vasculaire ? Quel intérêt enfin de bosser comme des dingues à longueur d’année pour ensuite se faire pardonner avec une cure de thalasso ? Soyons plutôt cohérents et apprenons à rester dans une juste mesure: la santé repose moins sur des actions drastiques à mener que sur l’évitement des excès. L’organisme apprécie modérément les montagnes russes…


Benoît Saint Girons

Extrait de son livre l'Autre Choix: choisir la liberté et le bien-être. (à paraître)
www.lebienetre.org

 

 

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